La distillation de la fleur d’oranger résiste au temps à Taza

L’opération de distillation des fleurs d’oranger et des roses est une tradition naturellement inscrite dans les habitudes à Taza, où de nombreuses associations locales œuvrent à la préservation et à la sauvegarde de ce patrimoine qui résiste au temps en le faisant revivre dès l’avènement de chaque printemps.

En effet, l’association locale « Dar Assmaâ », qui accorde un intérêt particulier à la préservation de cette tradition, a pris l’habitude au fil des années de célébrer cette activité cérémoniale, considérée comme l’un des coutumes ancestrales à travers l’organisation du Festival de distillation de Taza.

Dans une déclaration à la MAP, Hamid Slimani, président de l’association « Dar Assamâa » a mis en avant l’importance qu’accordent les Tazis à préserver la tradition de distillation des fleurs d’orangers et de roses qui s’érige désormais en une occasion annuelle célébrant ce patrimoine qui se perpétue de générations en générations. L’objectif étant, a-t-il dit, est de contribuer à la relance de l’activité socio-culturelle de la ville de Taza et à la valorisation du capital immatériel et le renforcement du patrimoine culturel et civilisationnel national et local.

Et d’ajouter qu’afin de transmettre cet héritage culturel aux jeunes générations, il a été procédé à la création d’une coopérative axée sur la distillation des fleurs d’orangers et d’autres plantes aromatiques et médicinales portant le nom de « Coopérative Khnata de valorisation, de production et de commercialisation de plantes aromatiques et médicinales ».

M. Slimani a, de même, fait savoir que la pérennisation de cette tradition est un pari qu’ils oeuvrent inlassablement à relever, ajoutant que le processus de distillation est une opération de longue haleine entreprise par les mères et les grands-mères dans diverses maisons de Taza dès le début du printemps, en ce sens que cette matière est très prisée dans la ville et est utilisée comme parfum en toutes occasions, telles les mariages, les occasions religieuses et familiales, outre la gastronomie et la préparation de sucreries ainsi que son usage comme médicament pour certaines maladies.

La ville de Taza s’apprête à accueillir la 5ème édition de la saison de distillation des fleurs d’orangers, en mai prochain, au cours de laquelle les coutumes et traditions de distillation des fleurs d’orangers et la culture hassanie seront mises en valeur, a-t-il poursuivi.

Les traditionnelles opérations de distillation des fleurs d’orangers et de roses sont un legs transmis de génération en génération et jalousement gardé, accompagné de rituels spécifiques soigneusement préservés.

Pour Hajja Khadouj Ben Jeddi, l’opération de distillation des fleurs commence par l’ablution et la prière afin de procurer la bénédiction et la « baraka » à cette opération de haute portée, précisant qu’une série de mesures et de dispositions sont prises pour accomplir la tâche, dont un lieu propre et parfumé.

Dar Assamaâ à travers la préservation et la protection de ce patrimoine immatériel qui caractérise la ville de Taza, à l’instar des villes de Marrakech, Fès, Tétouan et Salé, œuvre continuellement au maintien d’un patrimoine ancestral authentique aussi bien riche que diversifié.