« Guide de la production du film documentaire », quand Azelarab Alaoui trace la voie aux jeunes réalisateurs

– Par Nizar Lafraoui –  « Le guide de la production du film documentaire » est l’intitulé du nouvel ouvrage d’Azelarab Alaoui, qui vient enrichir l’expérience accumulée en matière d’écriture cinématographique au Maroc, en particulier celle se rapportant au documentaire, un genre de plus en plus prisé par les jeunes.

L’ouvrage de 187 pages, publié par le Centre Sijilmasa pour les Etudes et les Recherches Audiovisuelles, puise son importance dans son caractère pédagogique, combinant théorie et conseils pratiques avec l’ambition de faciliter le passage de l’idée-Projet au film. Le livre s’articule en deux chapitres consacrés au « film documentaire entre hier et aujourd’hui » et « les étapes de la production du film documentaire ».

L’aspect pratique est présent en force puisque l’auteur qui est également réalisateur et producteur, a cette capacité de provoquer la curiosité et tenir en haleine le lecteur en présentant l’histoire du film documentaire, ses évolutions, ses outils et ses composantes.

Azelarab Alaoui évoque dans son nouvel opus, les questions polémiques dont la dichotomie objectivité/réalité dans le documentaire, de même qu’il revient sur la place importante qu’occupe désormais la narration dans ce type de film, laquelle apporte une valeur ajoutée aux évènements et provoque le spectateur en l’amenant à s’approprier l’expérience personnelle même du concepteur du film.

Entre le documentaire et la télévision, c’est une autre histoire ayant permis à ce genre de films de s’ouvrir sur de nouvelles perspectives, abstraction faite des contraintes liées à la diffusion et à la distribution. La télévision est devenue l’un des plus gros producteurs et investisseurs dans le documentaire mais aussi l’un de ses importants promoteurs.

Le réalisateur d' »Androman » et de « Kilikis, La cité des hiboux » analyse dans son ouvrage cette relation de convergence et de divergence entre le documentaire et le reportage de presse, deux univers différents sur les plans de l’écriture, de l’approche audiovisuelle et de l’angle de traitement du sujet, et du temps. Autrement dit, le documentaire et le reportage se rencontrent sur le plan de la recherche et la documentation.

En s’adressant aux jeunes qui vivent leur expérience audiovisuelle dans ce monde digitalisé, l’auteur constate que les technologies de la communication ont libéré le réalisateur des contraintes des sociétés de production et de l’emprise des distributeurs de films. Le digital a contribué à l’émergence de documentaires interactifs et des webdocumentaires, permettant une communication directe avec le public à travers des textes, des images et des vidéos, entre autres.

L’ouvrage s’attarde aussi sur la relation complexe et multidimensionnelle entre le documentaire et le patrimoine national, lequel constitue un objet anthropologique visuel, recommandant d’aller au-delà de la représentation folklorique de cette richesse patrimoniale vers une démarche créative alliant art et documentation.

S’agissant de la dimension pratique, l’auteur revient sur les étapes à suivre par le jeune réalisateur pour réduire la marge d’erreur et gérer les efforts et les coûts selon une feuille de route claire. Il propose, même, au lecteur des expériences de réalisateurs ayant marqué de leur empreinte le secteur de la production de films documentaires. Parmi ces pionniers, figurent Ahmed Maanouni, réalisateur de « Transes » (Al Hal), Ali Essafi et son film « le Blues des sheïkhates » et Hakim Bel Abbas avec ses documentaires et ses longs métrages qui intègrent la vision et le style du documentaire.

Le livre est une invitation aux jeunes cinéastes à respecter les exigences du « travail industriel » et à ne pas brûler les étapes, moyennant une approche pédagogique simple en matière de la conception de l’image. Une approche dont l’auteur a attesté la pertinence à l’occasion des cours donnés à l’Institut du cinéma, où la réalité et l’expérience deviennent la référence par excellence.