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Fès-Meknès : une nouvelle vision de développement voit le jour

Carrefour entre est et ouest, nord et sud, la région Fès-Meknès est stratégiquement située au cœur du Royaume. Elle comprend deux préfectures (Fès et Meknès) et sept provinces (Séfrou, Boulemane, Moulay Yaacoub, Ifrane, El hajeb, Taza et Taounate).

L’une des douze nouvelles régions du Maroc instituées par le découpage territorial de 2015, la région compte une population de 4.236.892 personnes, dont presque la moitié (47pc) est concentrée à Fès et Meknès. Elle abrite 13pc de la population nationale, alors qu’elle ne couvre que 5,6pc de la superficie du Royaume.

L’urbanisation de la région est caractérisée par une grande concentration des activités économiques dans les deux villes impériales Fès et Meknès, qui constituent un dipôle urbain dans un réseau de petites et moyennes villes.

L’économie de la région, qui contribue avec 9pc dans la richesse nationale, est basée sur une multitude de secteurs, dont l’agriculture et l’élevage (4.104.582 ha), les Forêts (1.246.255 ha), l’industrie (997 établissements qui emploient environ 47.467 personnes), l’artisanat (avec une contribution de 17pc du chiffre d’affaire artisanal national), le tourisme (335 établissements d’hébergement touristique classés), les mines et l’Offshoring (25 Call Centers).

Fin 2017, la région a tracé les contours d’une nouvelle vision de développement intégré à moyen et long terme, dans le cadre d’un équilibre et d’une complémentarité entre ses zones, ses villes et ses villages.

  1. PDR, un document stratégique pour le développement économique de la région
  2. le patrimoine culturel et civilisationnel comme levier de développement socio-économique
  3. Tourisme/Aérien : Les voyants au vert

+PDR, un document stratégique pour le développement économique de la région+
Fès-Meknès s’est dotée cette année de son propre programme de développement régional (PDR), un document stratégique visant la promotion de la compétitivité économique de la région.
Ce programme quinquennal prévoit la réalisation de quelque 197 projets pour un investissement global de 33,8 milliards de DH.
En détail, le PDR a pour objectifs l’amélioration de la compétitivité et de l’attractivité économique de la région (78 projets de 14,6 MMDH), l’appui aux secteurs productifs et la promotion de l’emploi (38 projets de 7,7 MMDH), la protection des ressources environnementales et du patrimoine (32 projets de 4,11 MMDH), outre la réduction des disparités territoriales (49 projets de 7,28 MMDH).
Il sera financé avec le concours de plusieurs partenaires dont, les collectivités territoriales (3,20 MMDH), la région (7,72 MMDH), les ressources communes de la région (14,24 MMDH) et les ressources communes des collectivités (875 MDH), ainsi que le budget de l’Etat, avec une contribution de l’ordre de 7,77 MMDH.
Le PDR porte sur trois principaux axes, en l’occurrence la protection et la valorisation du patrimoine culturel et historique de la région, ainsi que ses ressources naturelles et environnementales, la consolidation du rôle de la région Fès-Meknès dans les échanges commerciaux et culturels aux niveaux national et international et enfin le renforcement de l’attractivité de la région en termes d’investissements, d’emploi et de formation.
+le patrimoine culturel et civilisationnel comme levier de développement socio-économique+
En attendant que cette ambitieuse vision de développement régional commence à porter ses fruits, la région peut compter sur le nouveau programme complémentaire pour la valorisation de l’ancienne médina de Fès, qui mobilisera une enveloppe budgétaire de 583 millions de DH.
Ce programme, qui a été présenté devant SM le Roi Mohammed VI le 14 mai dernier au Palais Royal de Rabat, vient compléter les programmes précédents portant notamment sur la restauration de 27 monuments historiques, achevée en 2016 et le bâti menaçant ruine 2013-2018, ainsi que sur celui relatif à l’aménagement de huit parkings autour de la médina de Fès d’une capacité de 3.600 places, la réfection de la voirie, l’amélioration du paysage urbain, l’adressage de la médina et la mise en place d’un dispositif d’information touristique.
Avec les crédits alloués à ce dernier programme (400 MDH), qui est en phase d’exécution, et au nouveau programme complémentaire (583 MDH), qui s’étale sur la période 2018-2023, la médina se donne les moyens de ses ambitions, selon l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la ville de Fès (ADER-Fès), qui assure la maitrise d’ouvrage déléguée de ce grand chantier.
Les projets inscrits dans le cadre du programme complémentaire sont organisés autour de six axes majeurs : la réhabilitation de 11 monuments historiques et lieux emblématiques, avec un budget de 109 MDH, la réhabilitation des lieux de culte, la promotion des activités d’artisanat et de commerce traditionnel (172 MDH) et le ‘’bien-être’’ (37 sites, avec un budget de 21 MDH). Quinze autres sites sont concernés dans le cadre du cinquième axe ayant trait à la restauration du bâti qui a un caractère spécial, et l’amélioration du paysage urbain. Les crédits qui y sont alloués s’élèvent à 95 MDH.
Enfin, le programme complémentaire pour la valorisation de l’ancienne médina de Fès consacre tout un volet à la réhabilitation du site historique de Dar Al Makina, auquel une enveloppe budgétaire de 127 MDH a été consacrée.
Outre ces programmes d’avenir, la région a poursuivi en 2018 sa dynamique économique, notamment en termes de créations d’entreprises. Quelque 2.379 nouvelles entreprises ont ainsi été créées dans la région Fès-Meknès au premier semestre de l’année 2018, soit une hausse de 14pc par rapport à la même période de l’année précédente, selon le Centre régional d’investissement Fès-Meknès, l’un des principaux acteurs d’encouragement de l’investissement dans la région.
Ces entreprises, tous secteurs confondus, prévoient la création de plus de 4.065 emplois.
En termes de valeur, le guichet de Fès a occupé la première place, avec 1.014 entreprises supplémentaires créées par rapport à la même période de l’année précédente.
Autre aspect de cette dynamique, la région a vu, durant la première moitié de 2018, l’approbation de 85 projets d’un montant global de 3,239 milliards de DH. Ils devraient générer quelque 8.166 postes d’emploi.
Durant cette période, un total de 127 dossiers d’investissement ont été déposés et traités au guichet d’appui aux investisseurs. Ils portent sur des demandes d’autorisations et des projets d’investissement.
Au cours du premier semestre de l’année actuelle, le montant d’investissement a ainsi augmenté de 86pc par rapport à la même période de l’année précédente, et le nombre d’emplois s‘est accru de 57 pc.
En valeur, les projets d’habitat arrivent en tête de classement, suivi des secteurs du tourisme (661,09 millions de DH) et de l’industrie et l’agro-industrie (250 MDH).
+Tourisme/Aérien : Les voyants au vert+
Après une année 2017 qui a enregistré, en comparaison avec 2016, une augmentation ‘’très importante’’ en nombre d’arrivées et de nuitées touristiques, avec un taux de variation de l’ordre de 43pc au niveau des arrivées, soit 150.750 touristes de plus, et 39pc au niveau des nuitées, soit 264.697 nuitées de plus, l’exercice 2018 a continué sur la même lancée. Durant les cinq premiers mois, les nuitées enregistrées dans les établissements d’hébergement classés ont augmenté de 17pc et 6pc respectivement à Fès et Meknès, par rapport à la même période de 2017.
Rien qu’à Fès, chef-lieu de la région, deux unités hôtelières de taille ont été ouvertes, totalisant une capacité de 266 lits et un montant d’investissement global de près de 300 millions de DH, avec un nombre d’emplois de l’ordre de 140 postes directs, outre des maisons d’hôtes.
Huit autres projets touristiques sont en cours de réalisation d’une capacité de 1.500 lits, d’un investissement de près de 1,0275 milliard de DH.
Les performances du secteur ont été notamment réalisées grâce à l’aéroport international ‘’Fès Saiss’’, qui a une capacité d’accueil annuelle de près de 3 millions de passagers après ouverture du Terminal 2, lequel est directement relié aux grandes villes internationales : Paris, Barcelone, Düsseldorf, Eindhoven, Bruxelles, Amsterdam ou Rome. Fin 2017, l’aéroport a franchi, pour la première fois de son histoire, le cap d’un million de passagers.